Les santons de Provence
Marseille est incontestablement la capitale historique du santon, et son histoire ainsi que celle de la Provence sont intimement liées à l’évolution qu’ont connue ces petits personnages à travers le temps. C’est d’ailleurs la langue provençale qui a donné leur nom à ces figurines, le terme de « santoun » signifiant « petit saint ».

L’origine de la confection des santons s’explique de différentes façons : certains estiment qu’ils permettaient aux plus démunis de réaliser des répliques inspirées de crèches magnifiques et très coûteuses, réservées à une élite fortunée. D’autres supposent qu’il s’agit d’une démonstration de ferveur et que le santon symbolise la foi chrétienne. Enfin, le santon est parfois présenté comme issu de la Révolution Française : le peuple marseillais, refusant de se soumettre à l’interdiction de célébrer les messes de minuit, aurait conçu ces personnages pour contourner cette opposition et poursuivre la mise en scène de leurs actes de dévotion. C’est sans doute cette dernière raison qui a rendu le santon si populaire à la fin du XVIIIème siècle.
C’est en 1803 que les santons font pour la première fois leur entrée à la foire de Noël, présentés dans leur version en terre cuite. Leurs couleurs vives leur offrirent un succès populaire immédiat, et ils se répandirent en quelques années à travers toutes les terres environnantes, jusque dans le Dauphiné et le Languedoc.

Durant des décennies, les modèles se sont multipliés, et en plus des figurines issues de la crèche originale on trouve désormais des personnages représentant la vie traditionnelle de la Provence, comme des bergers, des pêcheurs et presque tous les corps de métiers de la région. Des villages entiers servent de décor à des crèches toujours plus réalistes et proches du quotidien populaire et servent ainsi à merveille la mémoire de tout un peuple et de ses traditions.








